Search
  • Maroun

Un élevage pour sauver une famille

Updated: Feb 2

Fanevasoa était première de sa classe de 4e. Ses deux petites soeurs jumelles étaient également à la tête de leur classe de 6e, et de même pour son grand frère en première. Du moins, jusqu'à la rentrée 2019 : à partir de ce moment, leur niveau a commencé à chuter. En effet, le père avait perdu son emploi, puis était devenu alcoolique et avait commencé à les frapper quand ils étudiaient à la maison… Faute de revenus, ils ont dû quitter leur maison pour aller vivre à six dans un taudis d'à peine 4m2, sans eau courante ni électricité, et avec un seul lit – à partager avec le père violent et alcoolique.


Il fallut plusieurs discussions avec Faneva pour prendre conscience de l’ampleur du problème, et décider par conséquent de faire une visite à domicile. Honteux, le père, qui était au courant de la visite, était absent quand nous sommes arrivés : nous avons dû attendre qu'il revienne. Un long moment plus tard, un grand homme, maigre, le teint pâle, est entré dans la maison. On distinguait peu ses traits avec l'obscurité ambiante, mais ses yeux étaient creusés par la fatigue et la tristesse. Il tente de parler, regarde sa famille, puis se tait. Maroun a donc invité le reste de la famille à sortir, pour que le père puisse s'exprimer et expliquer la situation. Il avait en fait perdu son emploi de maçon à cause d'un problème de santé, qui l'empêchait de faire tout travail manuel ou physique. Or il ne pouvait pas non plus faire de travail non manuel, n'ayant jamais étudié. Il était donc au chômage par sa maladie, et en était réduit à mendier, ce qu'il ne supportait pas et qu'il noyait dans l'alcool.


Il n'était pas méchant, mais désespéré. Il fallait retrouver un travail. Mais ni manuel, ni non manuel... La partie s'annonçait délicate. "Trouve moi n'importe quoi pour vous sortir de là, nous te donnerons ce que tu veux pour t'aider" promet Maroun. L’homme a une première idée : né à la campagne, il aime l'élevage. Mais ses enfants sont scolarisés à la capitale : ils ne peuvent partir à plusieurs heures de route de leur école pour élever des animaux. Une seconde idée lui vient alors : il y a, pas loin, une cabane abandonnée, propriété de leur famille. Or il sait élever des poules, activité lucrative à Madagascar – d'autant plus si elle est pratiquée en ville, sans frais de transports et d'intermédiaires. Vendu ! Ce sera de l'élevage de poulets.


On refait entrer toute la famille, et on élabore ensemble le business plan. Tout le monde s'y met : le père et le grand frère font usage de leur expérience dans l'élevage, les filles aident pour la traduction et la rédaction du contrat. Peu à peu, le projet prend forme, et en un rien de temps, le contrat de prêt est signé : un élevage est lancé, ce qui va leur permettre de gagner cinq fois plus d’argent par mois que le précédent métier de maçon du père, et leur permet déjà de déménager à nouveau pour retrouver leur ancienne maison. Le contrat n'inclut que deux conditions, destinées au père : arrêter l'alcool, et laisser ses enfants étudier...



0 views
  • Facebook
  • LinkedIn

OBJECTIF LYCÉE

5 rue Henri de Bornier, Paris

objectif.lycee@gmail.com